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Facebook : se tromper de peur

jeudi 24 juin 2010, par Julien Falconnet

Facebook fait peur.

Mais, la plupart des critiques se trompent, selon moi, de peur.
Leur analyse me fait penser aux gens qui à l’arrivée du téléphone auraient pu dire : "Maintenant on se verra plus, on se téléphonera", ou alors "Maintenant on sera toujours dérangé par les mauvaises nouvelles". Ces remarques, si elle ne sont pas fausses manquent complètement l’amplitude du phénomène et se cantonne à une vue par le petit bout de la lorgnette.

Craindre de voir ses contemporains, enfants et ados compris, s’exhiber sur Internet est certes plein de bonne intention. Mais dans une société on l’on a fait stars (dieux ?) des gens qui baisaient dans une piscine, je crois que cela reste l’arbre qui cache la forêt.

Aujourd’hui, si on veut s’intéresser aux danger de FB, je pense qu’il ne faut pas tant s’intéresser à la perversion mineur de la star auto proclamée qui reste somme toute assez adaptée à une société où l’exhibition est devenu une valeur. Mais bien à ce que ces réseaux qui permettent, accélèrent et banalisent l’exhibition vont enfanter comme décalage et comme biais à l’intérieur de ce nouveau système.

Je ne crains pas tant aujourd’hui que les jeunes dont les photos de beuverie se retrouvent sur Internet n’aient du mal à trouver du travail demain (on sait que FB est une base pour l’évaluation des candidature pour les RH), mais bien qu’après demain ceux qui n’auront pas commis ce type d’exhibitions deviennent les anormaux, les parias de cette nouvelle société.

Pour moi, la crainte à avoir d’un système comme FB n’est pas pour ceux qui montre leur cul sur internet que pour ceux qui demain n’auront pas envie de participer à ce bizutage forcé.

L’autre problème me semble être aussi qu’avec la validation pratique d’une nouvelle manière de s’organiser et de se représenter soi-même, la faille entre l’ancienne génération (souvent peu ou mal informatisée) et la nouvelle (souvent sans conscience de ce que peut être un monde sans internet) ne se creuse et ne signe définitivement une fracture "numérique" à un niveau sociologique et non plus technique.